Nous n’allons pas reprendre tous les termes du discours prononcé à Davos par Javier Milei, nouveau Président de la République Argentine. Mais c’est la peine d’aller lire le texte complet en recherchant sur Internet « Milei discours Davos » et en consultant « Grand Continent » ; une officine qui vous offre le texte qui a été fidèlement lu par Milei.
Milei n’apprend rien aux libéraux. Mais il présente le « libertarianisme » (pourquoi ce néologisme d’ailleurs[1]. Mais qu’importe : ce qu’il dit mérite non seulement d’être connu, mais surtout d’être exploité : c’est une excellente leçon, et de nature à convaincre beaucoup de personnes des bienfaits du capitalisme et du marché.
De cette excellente leçon nous retiendrons les quatre temps :
1. Rappel de ce que le monde entier doit au capitalisme : comme l’avait fait Johan Norberg (In defense of global capîtalism) il rappelle les chiffres significatifs : la croissance annuelle avant et après 1800, date approximative de la mondialisation du capitalisme, et ce qui accompagne la croissance : longévité, savoirs, santé, confort.
2 . Pourquoi le capitalisme a-t-il réussi ? Parce que le marché est une « procédure de découverte » et Milei se réfère explicitement à Israël Kirzner : le rôle de l’entrepreneur est de comprendre les besoins de la communauté et de les satisfaire, la concurrence est déterminante pour porter sans cesse la production à son plus haut niveau de quantité et de qualité.
3. Mais l’Occident est aujourd’hui menacé parce que les Etats faussent le jeu de la concurrence mondiale. La classe politique s’ingénie à vouloir aider les entreprises avec des mesures protectionnistes (tarifs douaniers, mais de plus en plus normes d’hygiène, de sécurité, d’environnement), des subventions, des passe-droits. Cette aide peut être aussi contre la productivité : contrôle des prix, des profits, les signaux du marché ne fonctionnent plus. Cette alliance du monde des affaires et du pouvoir politique est souvent appelée « capitalisme de connivence ».
4. Les entreprises n’ont rien à attendre de l’Etat, dont les impôts, les règlementations et les interventions déforment le capitalisme. La classe politique est avant tout soucieuse de garder le pouvoir, il fait au contraire libérer l’économie de la politique.
Milei lance un appel à la liberté.
Les gens de Grand Continent n’hésitent pas à dire tout le mal qu’ils pensent de ce discours, avec les arguments habituels des keynésiens, des socialistes et des écologistes Mais, en ce qui concerne les libéraux ils peuvent puiser des arguments dans le discours du Président Meili dont les premières mesures aura été de supprimer la plupart des ministères qui ne sont pas légitimés par les missions régaliennes de l’Etat, comme Bastiat le souhaitait : par nature, l’Etat n’a aucune raison de gérer l’éducation, la culture, les transports, le logement, la santé, l’énergie… et la monnaie.
Milei y est allé à coups de tronçonneuse. Il nous reste à espérer un Milei français…
[1] Nous pensons qu’il a du mal parfois à se situer entre les libertariens de Murray Rothbard et les libéraux de Hayek










