Jacqueline Balestier nous a quittés le vendredi 10 janvier, après un long combat contre la
maladie. Elle nous aura donné jusqu’à son dernier souffle une leçon de courage et de dignité.
Elle est partie mais elle ne s’est jamais rendue.
Il y avait Jacqueline Balestier, il y avait aussi Jacqueline Espagnac. Il y avait l’ALEPS, il y avait la femme et L’ALEPS aura grandement permis de donner sens à sa vie.
Jacqueline Balestier a été secrétaire de l’ALEPS de 1983 à 2023 : quarante ans au 35 Avenue Mac Mahon, le bureau où elle se tenait s’appelle toujours « bureau de Jacqueline ». Dans ces dernières années, quand son état de santé s’était détérioré elle faisait l’effort de venir de chez elle en voiture et faute de place elle se garait en stationnement interdit au coin de la rue des Acacias : rien ne pouvait l’arrêter et l’empêcher de remplir sa mission.
Je devrais dire ses missions car elle ne se contentait pas de tenir le secrétariat traditionnel d’une association qui consiste à enregistrer les adhérents et assurer le contact permanent avec eux (ce que faisait auparavant Madame Simon). Elle a pris en mains la publication de la revue trimestrielle de l’ALEPS, elle en rédigeait l’éditorial après avoir collecté les articles qu’elle réussissait à obtenir grâce à son insistance amicale, mais elle-même sélectionnait de bonnes feuilles de nature à diffuser les idées de la liberté. Elle excellait dans ces exercices.
Une autre mission consistait à faire connaître les ouvrages et magazines qui méritaient l’attention des libéraux. Elle assurait le secrétariat du Grand Prix annuel du Livre Libéral, décerné par un jury longtemps présidé par Pascal Salin, et elle avait l’élégance de communiquer avec les lauréats, je me souviens d’une soirée avec Jean François Revel, inoubliable pour Jacqueline. Dès son entrée à l’ALEPS Jacqueline s’est fait un devoir de tenir la bibliothèque de l’Université d’Eté à Aix de 1984 à 2008. Elle emplissait donc sa voiture de cartons de livres et revues pour venir à Aix. Sa bibliothèque s’agrandissait sans cesse et elle a pu la meubler certaines années de panneaux comme ceux qui ont illustré l’œuvre de Bastiat, offerts par Gilbert Fournier, créateur des Cercles Bastait et d’un musée Bastiat à Grenoble.
Enfin, et non le moindre, elle assurait la liaison avec Radio Courtoisie qui accueillait l’ALEPS pour une émission mensuelle « Le libre journal des économistes » actuellement animée par Olivier Méresse. D’ailleurs depuis une dizaine d’années Olivier est venu aider Jacqueline qui n’avait plus les moyens d’assurer toute seule les diverses missions que je ne lui avais pas assignées mais qu’elle s’était données pour la qualité et la renommée des travaux de l’ALEPS.
J’oubliais d’ailleurs que jusqu’en l’an 2002 on recevait beaucoup à l’ALEPS : plusieurs prix Nobel dont Friedman, Buchanan et Becker, et Jacqueline était parfaite dans son rôle de maîtresse de maison. Evidemment les beaux jours de l’ALEPS se sont évanouis avec la disparition des principaux mécènes du libéralisme. Jacqueline a très mal vécu la crise que l’ALEPS a traversée.
Jacqueline Balestier a cessé son activité quand son état de santé s’est aggravé. Au nom de tous les libéraux qui l’ont connue et appréciée, je voudrais remercier Olivier Méresse et Antoine Cassan pour l’avoir accompagnée pendant ces derniers mois de souffrance. Je m’en veux de n’avoir plus visitée Jacqueline au cours de cette année, je n’ai d’ailleurs fait qu’un seul rapide voyage à Paris cette année.
Je connaissais pourtant depuis des années Jacqueline Espagnac, le nom de famille de Jacqueline. Balestier était le nom de son seul et unique mari. Jacqueline était née au Maroc, et c’est à Casablanca qu’elle a connu Alain Balestier. Elle a toujours considéré le Maroc comme sa deuxième patrie. Son frère Claude, mort pour la libération de la France en 1944 près de Mulhouse reposait à Casablanca, comme son père décédé en 1940. Elle ne manquait jamais de se rendre sur leur sépulture quand elle passait quelquefois dans l’année dans son bel appartement dans le quartier (très français) d’Anfa.
J’avais fait la connaissance de Jacqueline par le truchement d’Alain, qui participait à un club auquel j’appartenais. Alain était docteur en médecine, il avait une situation brillante dans un laboratoire pharmaceutique. De son côté Jacqueline avait eu une brillante carrière, directrice d’un département dans une grande entreprise de produits de beauté puis de voyage spécialisé dans les stages d’entreprises à l’étranger, ce qui lui avait valu de bien connaître le monde entier. Après sa séparation d’avec Alain Jacqueline a eu une période difficile pour aider les vieux jours de sa mère.
Nous pouvons prier pour jacqueline.
Jacques Garello










