Emmanuel Macron a protesté énergiquement contre l’attaque des chars israéliens contre la
FINUL (Force Intermédiaire des Nations Unies au Liban). Benjamine Netanyahou l’a rappelé
hier au soir pour rétablir la vérité sur cette affaire. Pour de multiples raisons, la FINUL fait
obstacle à la progression de Tsahal, qui veut éliminer les Hezbollah où qu’ils soient au Liban.
Il ne fait aucun doute que ce faisant la FINUL s’interpose entre Tsahal et le Hezbollah,
cachant l’entrée de tunnels abritant armes, munitions et troupes.
Evidemment la version Netanyahou ne convainc pas l’Elysée, d’ailleurs les commentateurs
de tous bords se sont empressés de rappeler les supplices humanitaires infligés par Israël
dans la bande de Gaza et les crimes de guerre commis en tuant des milliers de civils et en
obligeant un million de personnes à tout quitter. Est également rappelé avec insistance le
manque de médicaments, de soins, de personnel médical : un tableau noir de la conduite du
gouvernement juif. C’est peut-être oublier (ou sous-estimer) la méthode des barbares qui
consiste à prendre la population civile comme bouclier : l’état-major du Hezbollah mais aussi
de multiples tunnels étaient situés dans des immeubles habités par des civils, retenus là
contre leur gré.
Je crois donc nécessaire de distinguer la vérité et la propagande, nous en saurons davantage
dans quelque temps.
Néanmoins je crains qu’il faille un certain temps puisque voilà maintenant 80 ans qu’on se
refuse encore à admettre l’incurie et, pire encore, la nocivité de l’Organisation des Nations
Unies. Créée en 1945 l’ONU n’a cessé de s’ingérer dans les conflits du monde entier.
Ingérence morale et armée, puisqu’il s’agit de rétablir la paix en envoyant des forces armées,
les fameux casques bleus, dans les pays ravagés par des conflits. En dépit de la mort de 3.500
Casques Bleus la paix n’a jamais été durablement rétablie, guerres civiles et dictatures sont
toujours en place. C’est le cas particulier au Liban : après l’incursion des Israéliens sur le
territoire libanais pour repousser les Syriens qui attaquaient le gouvernement en place à
Beyrouth une « ligne bleue » a été établie en mars 1978 et demeure depuis lors sous la
surveillance théorique de la FINUL. Mais naturellement, depuis que le Hezbollah a pris le
pouvoir au Liban, la FINUL n’a pas de rôle à jouer. Elle est composée d’une troupe de 9.000
personnes et de 1.000 civils, les effectifs sont pour l’essentiel des Indonésiens, des Indiens,
des Ghanéens, il y a très peu de Français (565, moins que d’Italiens et d’Espagnols). En
dehors du Liban, l’ONU est intervenue au moment de la décomposition des pays du Pacte de
Varsovie : Serbie, Bosnie Herzégovine, Croatie, Macédoine, le retour à l’ordre a été
chèrement payé et les tensions demeurent dans ce qui fut jadis la Yougoslavie (autre belle
invention diplomatique).
Mais si l’ONU n’a pas souvent réussi à ramener la paix elle a parfaitement réussi à créer un
empire impressionnant. On parle du « système ONU »). Voici quelques-uns des organismes
qui dépendent des Nations Unies :la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International,
l’Organisation Internationale du travail (OIT),l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS),l’UNESCO, la FAO (Food and Agricultural Organisation), l’OACI ‘Organisation de l’Aviation
Civile Internationale). Toutes ces institutions sont abritées dans des villes confortables :
Genève, Rome, New York. Elles ont pour dirigeants et personnel des milliers de personnes
originaires des 380 pays adhérents à l’ONU, le népotisme politique est efficace, les
secrétaires successifs ont rarement été les artisans du libre échange mondial, leurs
convictions politiques sont au-dessus de tout soupçon : entre marxisme, sociale-démocratie
et écologie punitive.
C’est bien cela qui me semble inadmissible. L’ONU a permis de dévoyer la mondialisation
que l’on pouvait espérer à plusieurs reprises : avant le début de la guerre froide d’abord,
après la disparition de l’URSS . L’ONU a fortement contribué au « capitalisme de
connivence », système où les accords diplomatiques comptent davantage que les lois du
marché et de la libre concurrence. Aujourd’hui l’ONU est un point d’appui de la campagne
contre l’Occident, elle anime le « camp du Sud » cohorte de pays devenus pauvres grâce à
leurs dictateurs , et elle fait naturellement le jeu de la coalition islamo-communiste, de
Russie à l’Iran.
Mais il est mal porté d’oser critiquer l’ONU, c’est passer pour un foudre de guerre, ou un
envahisseur (comme Israël), ou un colonisateur (comme la France qui renouvellerait à
l’égard des Calédoniens et des Martiniquais et de tous les Ultramarins les crimes commis
jadis en Algérie). Il y a une grande naïveté de certaines grandes personnalités qui ne voient
rien de ce qu’est réellement l’ONU (les papes les plus éminents n’ont pas hésité à prendre la
parole dans une salle dont le décor de la voûte est très symbolique). Et que dire du Conseil
de Sécurité, groupe fantoche où les cinq pays « permanents » ont un droit de veto et ne se
sont jamais privés de l’exercer ? Au risque de choquer Emmanuel Macron je conclue en
disant que Benjamine Netanyahou a eu raison d’interdire à Mr Antonio Guterres, Secrétaire
Général de l’ONU, de se rendre en Israël.










