Son drame et ses obsèques avaient remué le cœur des Français. Tout d’un coup la spiritualité reprenait quelque sens dans notre pays. « France, fille aînée de l’Eglise, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? » Jean Paul II posait la question lors de sa première visite à Paris en 1980. Depuis lors, la cote de la foi chrétienne s’est fortement détériorée. Mais Philippine a révélé que du fond de l’abîme peut jaillir la lumière[1].
Les parents de Philippine Le Noir de Carlan ont voulu prolonger l’élan salvateur de son martyre à l’occasion de son anniversaire : elle aurait eu vingt ans hier. Je me permets humblement d’accompagner leur démarche en rappelant quelques passages de l’homélie prononcée à la Cathédrale Saint Louis de Versailles par l’abbé Pierre Hervé Grosjean[1]. Après avoir évoqué la douleur et les pleurs, mais aussi l’espérance de la vie éternelle, l’abbé demande de « faire de ce drame l’occasion d’un sursaut »
« Nous sommes là pour pleurer, prier et…pour agir. Nous avons nous aussi en effet chacun une mission. Nous ne voulons pas que le mal ait le dernier mot. […] Nous voulons opposer au Mal, à sa violence et à sa laideur, la force de notre amour, de notre espérance, de notre foi, et la beauté de notre unité. Nous voulons répondre à l’horreur du mal par la force plus grande encore du bien, le bien que nous pouvons faire en nous engageant, chacun à notre façon, pour servir. Servir les plus petits, les plus jeunes, les plus pauvres, ou les plus fragiles ; servir concrètement notre pays, notre paroisse, dans nos écoles et nos facs. […]
Encore une fois la justice fera son travail. Cela est vraiment nécessaire, mais ce n’est pas suffisant. Chacun de nous peut aussi décider ici que quelque chose va changer dans sa vie ces jours-ci. Chacun peut décider de sortir un peu meilleur de ces funérailles, pour que le monde soit meilleur ; nous pouvons sortir avec un cœur plus généreux, une âme plus fervente et plus fidèle, un désir plus grand de servir, d’aimer et de croire ».
Et l’abbé de conclure par une adresse à la Vierge Marie : Soyez l’étoile qui nous guide dans la vie, vers l’aube qui vient. Vierge Marie, Vous à qui Jésus nous a confiés avant de mourir, encouragez chacun ici à faire de sa vie une vie belle, donnée, engagée…. Afin que le monde comprenne que le mal n’a pas gagné, et qu’il ne gagnera jamais. Afin que le monde comprenne grâce à Philippine que servir, croire et aimer portera toujours du fruit. Afin que tous apprennent qu’au delà des joies et des larmes de ce temps de belles retrouvailles et un grand Amour nous attendent !
[1] J’ai écrit sur ce sujet le 27 septembre (Actualité) Le martyre de Philippine interroge profondément la France Il interroge sur la place des valeurs spirituelles dans notre pays
[1] Le texte entier de l’homélie a été retranscrit par la revue Famille Chrétienne le 27 septembre. Le site de la revue est https://www.famillechrétienne.fr










